J’ai copié des œuvres, je l’ai fait et sans doute le ferai-je encore, certainement malgré-moi d'ailleurs puisque l’on n’invente jamais rien, on se réapproprie ce qui a déjà été fait.
Ingres disait qu’il faut réinventer les œuvres des anciens pour en construire de nouvelles. Sa source d’inspiration, il la trouva dans des tableaux de Raphaël, de Poussin ou encore de Holbein.
Daniel Arasse, historien de l’art, le dit également (dans un style qui lui appartient !) : il faut copier les « anciens » pour créer de la modernité…
Depuis que je dessine, je me suis évertuée à plusieurs reprises à copier des chefs d’œuvres de grands artistes : Vinci, Degas, Turner… mais aussi Toulouse Lautrec !
J’ai envie de réaliser des choses plus personnelles, de coucher sur papier ou de modeler en terre ce que je ressens…
Cependant, si je réfléchis (et c’est la raison d’être de ce blog) je ne parviens pas totalement à échapper à ce mouvement.
Ainsi, Gaïa, la réalisation en métal et plâtre sur laquelle je travaille encore, est issue de mon imagination : je n’ai cherché à copier personne. Mais à l’issue de mon travail de création (puisqu’à présent je travaille aux « finitions »), je me suis rendue compte que, sans doute, et bien involontairement, j’ai puisé mon inspiration à la source d’un grand… Gaïa a des airs de famille avec la ligne de la «Victoire de Samothrace »… même élan, même type de poitrine mise en valeur, même épaule qui « fuit » dans l’espace sans pour autant exister !
La mémoire a des replis bien profonds !
Est-ce une fatalité ? Qu’importe, j’aime à penser que mon inconscient travaille également lorsque je me concentre sur un modèle !