A l’occasion de mon dernier voyage en Sicile (au mois de mars) j’ai passé 10 jours dans une petite ville dont la spécialité est la céramique. Il s’agit de Santo Stefano di Camastra (entre Palerme et Messine) en face des îles Lipari.
Je connais « une personnalité locale », Gaétano, qui possède des entrées dans toutes les fabriques de céramique.
Je lui ai parlé de mon goût pour le modelage, du plaisir que j’éprouve quand je travaille la terre. C’est ainsi que l’idée de m’introduire dans une fabrique est née.
Je pensais aller à la rencontre de professionnels qui m’apprendraient une ou deux de leurs techniques… que nenni ! Une fois sur place, j’ai compris que l’on me réservait une place parmi eux et qu’il fallait montrer ce dont je suis capable !
Tout d’abord timide, j’ai osé et je me suis « jetée à l’eau » ! J’ai pris de la terre, bien plus souple et humide que celle que j’utilise en atelier (la destination étant différente du fait des techniques utilisées et des réalisations), et j’ai commencé un travail… mais que faire ? D’habitude, je commence à travailler avec un projet, mûri bien avant même de commencer, alors que je termine une réalisation ! Là, aucune photo, aucun projet en tête… le vide sidéral !
Mais le challenge était là, il ne fallait pas décevoir et prouver aux personnes présentes, et à moi-même, que je possède un savoir-faire et des idées.
C’est ainsi que mes mains ont commencé à modeler un visage de femme…
Les artisans, sous divers prétextes, venaient me rendre visite.
En une heure mon travail était achevé mais il ne m’était pas possible d’évider compte-tenu de la souplesse de la terre. Je devais donc revenir le lendemain.
Lors de mon deuxième passage dans les locaux, les professionnels de la veille m’ont questionnée sur ma technique… « Tu es une artiste toi ! » ; « C’est ton métier ? »…
Je ne m’attendais certainement pas à un tel accueil, et je goutais alors le plaisir furtif d’être félicitée par des professionnels.
J’ai creusé cette tête de femme, destinée à Gaétano, ami qui m’a permis cette belle rencontre. Comme il n’est pas assidu dans sa correspondance, je ne sais pas s’il l'a "recueillie" chez lui.
La cuisson devait intervenir dans les semaines qui ont suivi mon retour en France : j’espère qu’elle n’a pas explosé !

Una francese in Sicilia
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